The Wall

TheWallsiteThe Wall, projecteurs et fumée, simulation du projet, 2012

 

Une frontière est un espace dont l’épaisseur est variable, une ligne imaginaire séparant des territoires.
Elle se dessine mais n’est que très rarement perceptible. Qu’est qui détermine sa position dans l’espace ? Pourquoi y a t-il barrière, barrage ? Qu’y a-t’il de différent au-delà ? Quel est ce lieu qui fait lisière ? est-il palpable ? quelle en est son épaisseur ? Est-ce une simple ligne ou un fin territoire digne d’être exploré ?
The Wall, clin d’oeil à Anthony Mc Call dans son procédé et aux Pink Floyd dans le titre, est une installation lumi- neuse, tranchant radicalement dans sa diagonale le lieu d’exposition. Tel un écran, formé grâce à des projecteurs/ lasers disposés en ligne au plafond et matérialisé par de la fumée, il masque la moitié de l’espace et laisse donc dans l’ombre son verso. Qu’y a t-il au delà ? La lisière nébuleuse de ce mur attire, hypnotise. Le spectateur se surprend à toucher du bout des doigts ce filet de lumière, à en avoir un geste de recul. On y avance doucement, on appréhende cette zone, on se contracte, et, on y plonge finalement. De l’autre côté rien, l’espace est vide, similaire au précédent. Mais quelle sen- sation celle de ce passage ! La « non-matière » épaisse de quelques millimètres nous laisse un ressenti physique durable de cette traversée. C’est cette zone source de jubilation qui invite à sans cesse « refaire le voyage » et en fait l’intérêt. Le spectateur (y) fait l’expérience de la prégnance de cette frontière immatérielle, de cette frontière DE l’immatériel.